Ce billet est basé sur l'article de Frédéric MILLIOT, paru dans Distributique N°473 du 06/04/2005. J'en ai repris une partie du texte, et rajouté quelques éléments textuels et visuels.

Petit rappel : 64 bits, cela signifie une capacité d'adressage mémoire de 16 To (Téraoctets), soit l'équivalent de 16 milliards de gigaoctets, contre 4Go (Gigaoctets) pour Windows XP en 32 bits.

C'est précisément cette limite qui rend aujourd'hui nécessaire le passage progressif aux 64 bits sur les postes de travail. Certes, les applications demandant de telles ressources sont encore réservées aux power users ou aux créatifs, notamment pour le multimédia. Mais les roadmaps des constructeurs et des éditeurs indiquent clairement que la transition vers le tout-64 bits s'opérera aussi inéluctablement que le passage du 16 au 32 bits, entamé avec Windows NT et finalisé avec Windows XP. Y compris sur le poste de travail lambda, que ne manqueront pas de solliciter des applications bureautiques et métiers toujours plus sophistiquées.



L'utilisateur peut légitimement se demander s'il n'est pas plus raisonnable d'attendre pour faire le saut. Le fait est que de plus en plus de configurations sont proposées en standard avec des puces 64 bits. En rester à un OS 32 bits revient donc à brider sa machine. De plus, le prix de Windows XP 64 bits ne devrait pas être démesurément supérieur à celui de la version 32 bits, et à en croire certaines lectures sur le Net (dont j'ai perdu le lien …), tout possesseur d'une version 32 bits légalement achetée pourra se la faire échanger contre une licence 64 bits. Enfin, pour emporter l'adhésion, Windows 64 bits est compatible avec quasiment tous les logiciels 32 bits existants. Avec tous ces avantages, le choix du 64 bits n'est donc ni risqué techniquement ni vraiment plus onéreux. Dans ces conditions, pourquoi s'en priver ? Seule ombre au tableau, les pilotes de périphériques ou drivers en mode kernel écrits en 32 bits ne fonctionneront plus, il faudra donc envisager une mise à jour de ces derniers. Je pense notamment à des firewalls, antivirus, etc … Toutefois, les éditeurs paraissent prêts pour cette migration.


Et du côté de Linux ?


Face à cette offensive technologique de la part de Microsoft, les plus grands éditeurs Linux ripostent sur le terrain du coût total de possession (TCO) en déclinant leurs distributions pour de larges déploiements professionnels. Et il semble que cette stratégie fonctionne puisque, relativement récente, elle a déjà conquis 5 % de la cible corporate.

Il faut dire que, pour y parvenir, tout ce qui faisait l'inadaptation de Linux aux parcs d'entreprise a été revu de fond en comble. Aujourd'hui, les produits estampillés Novell, RedHat, Sun ou Mandrake s'installent sans mal, quasiment sans surveillance, et le cas échéant à distance. Ils proposent des interfaces graphiques évoluées, dotées de tous les composants classiques, et de surcroît très proches de Windows pour mieux faciliter la migration. Et la fourniture en standard de suites bureautiques complètes est généralement très appréciée des directeurs administratifs et financiers.



Côté technique, les DSI sont de plus en plus nombreux à être séduits, ce qui constitue là encore une vraie nouveauté. En effet, à la stabilité des distributions à base de noyaux 2.4 ou 2.6 s'ajoute la robustesse native de Linux en matière de sécurité. Deux éléments qui allègent significativement la maintenance et la surveillance de parc. En outre, les éditeurs ont entendu la demande des clients en matière d'outils d'administration et de compatibilité avec les stratégies globales d'entreprise.

Tous ces points étant désormais acquis, on peut penser que, suivant en cela l'exemple d'une partie des administrations européennes, un nombre croissant d'entreprises devrait adopter Linux pour leurs postes de travail. D'où d'intéressantes opportunités en matière de services.

La guerre est donc bien déclarée !

Pour finir un petit tableau comparatif (désolé pour le flou artistique non voulu ...):



Et enfin, quelques ressources incontournables:

Et vous ... le 64 bits, c'est pour quand ? ;-)

Tenez, voici la machine qu'il vous faut ;-) :



P.S. : C'est pas souvent que je mets autant d'images dans un billet ... Mais c'est vraiment un sujet qui me plait. :-)